L’origine exacte de cette tradition reste incertaine. Peut-être se serait-elle développée lorsque les paysans d’antan défrichaient en automne les abords des forêts pour créer de nouveaux pâturages. Une fois le travail accompli, ils faisaient cuire leurs saucissons dans les cendres d’un grand feu allumé pour brûler les déchets de leur coupe. La Torrée est aujourd’hui le symbole de la convivialité neuchâteloise. Son nom serait issu du latin « torrere » qui signifie « rôtir ».
Le savoureux saucisson neuchâtelois IGP
Ingrédient incontournable d’une authentique Torrée, le saucisson neuchâtelois est un saucisson cru et fumé de porc, de la famille des saucisses dites à maturation interrompue, comme le boutefas, la longeole ou la saucisse d’Ajoie. Depuis 2003, il est inscrit au registre fédéral des Indications géographiques protégées (IGP), soumis à un cahier des charges qui décrit précisément les étapes et les ingrédients de sa fabrication.

« Les Neuchâtelois adorent sortir faire des Torrées. C’est vraiment une tradition bien de chez nous, même si d’autres nous ont copiés (rires). Leur saison commence avant celle des grillades et s’achève après », indique Alexandre Léger, boucher à Saint-Blaise et président de l’Association Neuchâteloise des Maîtres-Bouchers (ANMB). Il ajoute : « Nos saucissons IGP sont de vrais trésors que nous protégeons jalousement. Je vous mentirais si je vous disais qu’elles ne partent pas super-bien. »
Georges Pop